Nicolas Dittmar est philosophe de formation.

La perception nous ouvre à un monde sensoriel, à un déploiement des sens qui se cristallisent dans un corps :
elle est ouverture, orientation du vivant dans un monde polarisé, comme chez Simondon. La phénoménologie de la perception, et la perspective génétique de Simondon postulent en amont une théorie du corps percevant comme reconnaissance d’un « foyer » préindividuel qui précède la pensée objective : percevoir, c’est « prendre à travers » l’expérience continuelle de choses changeantes la possibilité d’une unité de soi-même sans réduire le mouvement qu’elle imprime en nous, et à notre conduite.
La perception est du domaine du préindividuel, qui s’aligne sur une détermination du sujet comme investissement de son corps et de sa motricité : le préindividuel, possibilité ontologique du mouvement, du sujet qui peut se mouvoir dans le monde et en cela ne jamais pouvoir achever sur un mode constituant sa conscience des choses – idéal d’adéquation, est bien ce champ de spatialisation originaire du sentir, de l’indéterminé du sentir que vit notre corps dans son expérience du monde.